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mardi 24 mars 2009

Jérusalem, un film africain qui sort des sentiers battus

Résumé du film
Scénario : Ralph Ziman ; Images : Nic Hofmeyr ; Son : Peter Brown ; Montage : David Helfand ; Musique : Alan Lazar ; Interprètes : Rapulana Seiphmo, Jeffery Sekele, Ronnie Nykale, Malusi Skenjana

L’histoire : « Lucky Kunene, issu d’une famille pauvre, ne rêve que d’une BMW dernier cri et d’une habitation avec une vue sur la mer. Quand il reçoit une lettre lui annonçant qu’il est admis à l’université mais qu’il doit payer ses études, sa vie marque un tournant. Pour lui comme pour de nombreux jeunes de sa génération, affronter la police est un insigne honneur et aller en prison est devenu une routine. Sur la route des petits travaux qu’il mène pour survivre, il rencontre Nazareth Mbolelo, un ancien soldat de l’ANC formé en Russie, qui a gardé intact sa rage contre l’ancien régime. Ensemble avec son ami Zakes ils plongent dans une série d’actes criminels dont ils auront du mal à se tirer malgré de nombreuses tentatives ».

Critique

Attention... Ce film pourrait faire peur. D’abord à cause de sa longueur (118mn), ensuite si quelqu’un qui a eu peur en le suivant vous le raconte. S’il ne traite pas de ruralité, de vie en campagne comme la majorité des films africains, il ne traite pas non plus d’un sujet glamour, du strass et des paillettes. Il est d’une actualité brûlante et d’une gravité inquiétante : la vie dans l’Afrique du Sud post-apartheid. Mais surtout pas de panique car ce film comme dit plus haut sort du sillage de ce qu’on a pris l’habitude d’appeler cinéma africain. Il s’agit d’un regard porté sur une société que personne n’aurait imaginé au lendemain de la chute du régime inhumain sud-africain. L’espoir attendu n’est pas venu, en tout cas pas pour tous. L’Afrique du Sud est en proie à certains maux tels le sexe, la violence, le crime organisé, la violence, en plus du racisme qui n’a toujours pas été éradiqué. On vit, en suivant Jérusalem, avec les Sud Africains. On partage leurs pensées, leurs sentiments, leurs doutes. On comprend les tenants et les aboutissants. On sent la montée de haine et la violence qui créeront des dommages graves pour la société. C’est très passionnant et les 2 heures passent sans que l’on ne s’en rende compte.

Le seul reproche que l’on pourrait formuler à ce film, c’est en quelque sorte le manque d’objectivité. Quand dans le conflit qui oppose deux gangs, l’acteur principal Lucky Kunene accuse l’autre gang en suggérant que « ce sont les Nigérians et les Ghanéens qui vendent la drogue et les armes dans le pays », on se demande s’il faut avoir une nouvelle lecture de l’Afrique du Sud post-apartheid ou une nouvelle accumulation de clichés sur les origines de la violence. De tels propos pourraient conforter le stéréotype de la délinquance importée et dédouaner en même temps les autorités du pays de leur manque de vision pour leur peuple. Il ne s’agit pas d’accuser l’auteur car quoi qu’on dise il a son regard et sa lecture propre de sa société. De toute façon, l’œuvre, une chronique post-apartheid garde la qualité artistique intrinsèque d’un document témoin de son temps. Souffrons donc de voir sa création transpirer de temps à autre de sa personnalité. Tout compte fait Jérusalem est une belle œuvre de fond et de forme. La preuve, au FESPACO 2009, il a été primé pour le meilleur montage, la meilleure image et la meilleure interprétation masculine.

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