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Blog d'information générale sur l'actualité au Burkina Faso

lundi 30 mars 2009

Par David SANON

La grande innovation de la vingtième édition du FESPACO, c’est sans nul doute l’entrée en compétition des films documentaires dans la section sélection officielle TV et vidéo. Ce n’est pas trop tôt! Serait-on tenté de dire, mais quand on sait que le documentaire, à la différence de la fiction, se focalise sur un aspect de la réalité, on comprend aisément qu’il soit redouté. Thierry Michel, Président du Bureau de Liaison du Cinéma de l’Espace Francophone et par ailleurs réalisateur du célèbre « Mobutu Roi du Zaïre » ne dira pas le contraire. Lui qui, après toute sorte de péripéties, arrestation, interrogatoires, gardes à vue, expulsions et autres intimidations, connaît mieux que quiconque les difficultés liées a la pratique de ce genre cinématographique. Mais toutes ces tentatives tendant à l’ébranler n’ont eu pour effets que le raffermissement de sa détermination pour le combat. Entré à l’Institut des Arts de Diffusion à Bruxelles dès l’âge de 16 ans, il se retrouve à partir de 1976 à la télé belge pour laquelle il réalise de nombreux reportages avant de se lancer dans le cinéma.

La cinquantaine révolue, ce doux monsieur au sourire contagieux cache en lui en redoutable guerrier. Son engagement auprès des peuples en résistance contre les régimes oppressifs est sans limite. En témoigne la composition de sa riche filmographie. Sur 17 films il n’y a que 2 longs métrages de fiction, Vous l’aurez sans doute compris, Son combat, c’est témoigner des réalités que vivent les peuples en quête de liberté et de dignité.

A l’opposé des dictateurs surarmés, il s’engage à partager les images de ces peuples qui souffrent mais qui résistent, car plein d’espoir. C’est ce qui explique son faible pour le Congo Zaïre auquel il consacre pour la quatrième fois un film documentaire intitulé « CONGO RIVER » que nous découvrirons pendant ce vingtième FESPACO. Selon lui : « Avec leur sens de l’humour, de la dérision et de la fête ils transcendent les difficultés de la vie pour vivre positivement »,

Thierry Michel regrette aujourd’hui que le documentaire en Afrique connaisse un grand retard aussi bien dans la qualité que dans la quantité, cette situation est due en partie au manque de culture cinématographique du documentaire ainsi qu’au fait que le financement vienne toujours du Nord . Mais un espoir d’émergence existe avec l’avènement de l’outil numérique. Cependant, les cinéastes qui choisissent ce genre doivent s’armer de courage car comme il le dit si bien « La volonté politique d’étouffer tout cinéma qui ne fait pas dans la complaisance est réelle. Le documentaire est une école de vérité, d’engagement humaniste et politique, »

mardi 24 mars 2009

Bil Aka Kora offre « Yaaba » aux mélomanes

Le jeudi 19 mars 2009 à 10 heures, l’artiste musicien Bil Aka Kora et son staff managérial ont rencontré la presse dans la salle du Petit Méliès du Centre Culturel Français Georges Méliès de Ouagadougou. Il s’est agit pendant cette rencontre de présenter « Yaaba » son nouvel de album réaliser par le musicien Congolais Ray Lema.

Par David Sanon

« Yaaba », le 4ème album de Bil, a mis du temps pour naître. Mais en l’écoutant on comprend tout de suite pourquoi tout ce temps consacré à sa conception. Le long travail fait sur les voix et la justesse du jeu des instrumentistes est remarquable. La « famille Djongo » a mûri grâce à la complicité qui les lie depuis plus de 12 ans. « Yaaba », avec ses 11 titres, est un hymne à « l’interculturalité ». L’artiste y parle du combat pour la pitance quotidienne, l’argent, le pouvoir, ainsi que de la perte de nos repères sociétaux.
Une alchimie musicale réussie, voilà ce que c’est que « Yaaba ». Bil que l’on sait très méticuleux avoue avoir parfois pris 3 à 4 mois pour parfaire certains morceaux. C’est tout à son honneur, car on le savait attacher à la qualité et il confirme tout le bien que l’on pensait de lui à travers cette œuvre de très belle facture.

L’album chanté en gourounsi, mooré, français et anglais, comporte 4 reprises qui permettent de se rendre compte de l’évolution et donne de la lisibilité à l’ampleur du travail abattu. La fluidité avec laquelle on navigue d’un rythme à l’autre dans le même morceau témoigne de la grande maîtrise instrumentale et surtout de la qualité des orchestrations. Et « Yaaba », le titre éponyme de l’œuvre est une illustration de ce travail d’orchestration. Quand on aime la musique africaine de recherche, qui fusionne plusieurs instruments et genres musicaux comme Sally Niolo et Baba Maal le font si bien, « Yaaba » ne peut être que du pain béni. Bil s’inscrit de façon notoire avec cet album dans le sillage de ceux qui arrivent à faire savourer tout le plaisir qui découle de la rencontre des voix, des musiques et des instruments.

C’est Ray Lema, ce géant de la musique africaine, qui a réalisé l’album. Il a voulu que Bil se révèle dans cet album comme il est vraiment. A l’écoute, les morceaux nous convoquent à vivre les émotions de l’artiste à travers son souffle. Les arrangements nous mettent en présence de la vie en nous laissant entendre ses respirations. Ray n’a ni dénaturé ni étouffé Bil, bien au contraire, il l’a conduit à imprimer sa personnalité sur cet album. Des contributions artistiques du célèbre bassiste Camerounais Etienne M’Bappé et son violoniste Clément Janet, ainsi que Ildévert Médah artiste comédien et acteur Burkinabé son du pur bonus.

Un grand concert live est prévu au CCF Georges Méliès de Ouagadougou ce 27 mars, et du coté du Jardin de la musique Reemdoogo les 3 et 4 avril 2009. Avant d’entamer dès fin mai une série de spectacles en France notamment à Chambéry, Lyon, Epinay et au Festival Africa Fête à Marseille en Juin.

Africalia prend à coeur la problématique de la circulation des œuvres cinématographiques en afrique

Le jeudi 5 mars 2008, en marge du FESPACO, l’asbl belge Africalia-Belguim a tenu une conférence de presse au Centre de Conférence Ousmane Sembene de Azalai Hotel Indépendance. Au cours de cette conférence elle a procédé au lancement de son projet « Cinetoile ». C’était en présence du Délégué Général du FESPACO, de ses partenaires et une foule d’hommes de média et de cinéma.

Ce jeudi 5 mars a eu lieu le lancement du projet « Cinetoile » au Centre de Conférence Ousmane Sembene de Azalai Hotel Indépendance. C’est Michel Ouédraogo, Délégué général du FESPACO qui à pris la parole en premier pour mettre l’accent sur la qualité des rapports qui lient Africalia à sa structure. Il a aussi fait cas du soutient considérable que l’association belge apporte au cinéma africain à travers l’Institut Supérieur de l’Image et du Son (ISIS) basée à Ouagadougou. Cet institut forme des étudiants aux métiers du cinéma. Il s’est donc réjouit de cette nouvelle initiative qui viendra régler un temps soit peu la question de circulation des films africains en Afrique.

Ce fut ensuite le tour de Mirko Popovitch, Directeur général d’Africalia de prendre la parole pour expliciter la démarche de sa structure qui consiste à soutenir les organismes culturels structurés. Africalia les aide ainsi à se constituer en réseau et plateforme pour plus d’efficacité. Théo Hoorntje, chef de Coopération de la Délégation de la Commission Européenne au Burkina Faso à quand à lui rappelé l’importance du programme ACP d’appui aux industries culturelles et créatives qui va de 2007 à 2012. Cet engagement est dû selon lui à la foi qu’a son institution de la place de la culture dans le développement des peuples. Il a ainsi justifier le soutient de l’Union Européenne au projet « Cinetoile » pour permettre aux structures qui se battent dans le sens de rendre accessible le cinéma africain aux Africains d’être dans de meilleures dispositions de travail.

La conférence de presse, il faut le rappeler, se tenait pour le lancement du projet « Cinétoile ». Aurélien Bodinaux, coordinateur du projet s’est attelé à expliquer les objectifs de ce projet qui s’étend jusqu’en 2011. Ce projet a été conçu avec 8 partenaires issus des différentes zones d’Afrique (Afrique du Sud, Burkina Faso, Kenya, Mali, Ouganda, RDC, Tanzanie, Zimbabwe). Ces partenaires sont très actifs dans la diffusion du cinéma africain. Il s’agit pour « Cinetoile » de fédérer leurs activités en les organisant en réseau. Les actions communes qu’ils vont entreprendre rendront le cinéma accessible à ceux qui n’y ont pas droit soit à cause de leur situation géographique (bidonvilles et milieux ruraux) soit par manque de moyens (les prix d’entrée dans les salles). Pour Aurélien, chacun des partenaires a des activités différentes mais complémentaires. Il faut donc mener la sensibilisation pour une forte adhésion des populations au projet.

Le premier challenge du projet c’est de sélectionner 5 films par le jury Cinetoile durant le FESPACO 2009. Ces 5 films, dont « Ma Sâ Sâ » (Mah Saah Sah) du Camerounais Daniel Kamwa qui a remporté le prix Cinetoile, seront vus dans les huit pays partenaires du projet.
Ce projet va insuffler un nouvel élan à la circulation des œuvres produites par les créateurs africains en Afrique. A cause des difficultés matérielles et des coûts parfois trop élevés des films, les populations africaines ne les voient jamais ou les voient plusieurs années après la sortie. Le projet est tout à l’avantage des cinéphiles, mais aussi des cinéastes dont l’objectif premier est de faire voir leurs créations par le public.

Après les premières rencontres et travaux des 8, 9,10 mars à Ouagadougou, les deuxièmes rencontres Cinetoile auront lieu durant le ZIFF 2009 (Zanzibar International Film Festival) en Tanzanie. L’année 2010 sera elle consacrée aux actions de sensibilisation et de diffusion. Les 300 projections des 5 films sélectionnés dans les 8 pays partenaires serviront à sensibiliser à l’expression et au contenu de films issus de différentes zones d’Afrique et aussi de recueillir les impressions et les observations des publics rencontrés. Cela aidera à la conception des actions et stratégies futures. 2010 sera aussi l’année de la formation ciblée pour les partenaires qui travailleront à l’élargissement du réseau Cinetoile. La dernière rencontre et la clôture des travaux auront lieu lors du FESPACO 2011. Ce sera le lieu de faire le bilan, de rédiger les conclusions et de faire des propositions en vue d’améliorer la diffusion du cinéma africain sur le continent. Cette évaluation devra confirmer ou infirmer la pertinence de la continuation des activités Cinetoile.

Jérusalem, un film africain qui sort des sentiers battus

Résumé du film
Scénario : Ralph Ziman ; Images : Nic Hofmeyr ; Son : Peter Brown ; Montage : David Helfand ; Musique : Alan Lazar ; Interprètes : Rapulana Seiphmo, Jeffery Sekele, Ronnie Nykale, Malusi Skenjana

L’histoire : « Lucky Kunene, issu d’une famille pauvre, ne rêve que d’une BMW dernier cri et d’une habitation avec une vue sur la mer. Quand il reçoit une lettre lui annonçant qu’il est admis à l’université mais qu’il doit payer ses études, sa vie marque un tournant. Pour lui comme pour de nombreux jeunes de sa génération, affronter la police est un insigne honneur et aller en prison est devenu une routine. Sur la route des petits travaux qu’il mène pour survivre, il rencontre Nazareth Mbolelo, un ancien soldat de l’ANC formé en Russie, qui a gardé intact sa rage contre l’ancien régime. Ensemble avec son ami Zakes ils plongent dans une série d’actes criminels dont ils auront du mal à se tirer malgré de nombreuses tentatives ».

Critique

Attention... Ce film pourrait faire peur. D’abord à cause de sa longueur (118mn), ensuite si quelqu’un qui a eu peur en le suivant vous le raconte. S’il ne traite pas de ruralité, de vie en campagne comme la majorité des films africains, il ne traite pas non plus d’un sujet glamour, du strass et des paillettes. Il est d’une actualité brûlante et d’une gravité inquiétante : la vie dans l’Afrique du Sud post-apartheid. Mais surtout pas de panique car ce film comme dit plus haut sort du sillage de ce qu’on a pris l’habitude d’appeler cinéma africain. Il s’agit d’un regard porté sur une société que personne n’aurait imaginé au lendemain de la chute du régime inhumain sud-africain. L’espoir attendu n’est pas venu, en tout cas pas pour tous. L’Afrique du Sud est en proie à certains maux tels le sexe, la violence, le crime organisé, la violence, en plus du racisme qui n’a toujours pas été éradiqué. On vit, en suivant Jérusalem, avec les Sud Africains. On partage leurs pensées, leurs sentiments, leurs doutes. On comprend les tenants et les aboutissants. On sent la montée de haine et la violence qui créeront des dommages graves pour la société. C’est très passionnant et les 2 heures passent sans que l’on ne s’en rende compte.

Le seul reproche que l’on pourrait formuler à ce film, c’est en quelque sorte le manque d’objectivité. Quand dans le conflit qui oppose deux gangs, l’acteur principal Lucky Kunene accuse l’autre gang en suggérant que « ce sont les Nigérians et les Ghanéens qui vendent la drogue et les armes dans le pays », on se demande s’il faut avoir une nouvelle lecture de l’Afrique du Sud post-apartheid ou une nouvelle accumulation de clichés sur les origines de la violence. De tels propos pourraient conforter le stéréotype de la délinquance importée et dédouaner en même temps les autorités du pays de leur manque de vision pour leur peuple. Il ne s’agit pas d’accuser l’auteur car quoi qu’on dise il a son regard et sa lecture propre de sa société. De toute façon, l’œuvre, une chronique post-apartheid garde la qualité artistique intrinsèque d’un document témoin de son temps. Souffrons donc de voir sa création transpirer de temps à autre de sa personnalité. Tout compte fait Jérusalem est une belle œuvre de fond et de forme. La preuve, au FESPACO 2009, il a été primé pour le meilleur montage, la meilleure image et la meilleure interprétation masculine.

jeudi 19 mars 2009

Soirée slam et cinéma au CITO

Après "carte blanche à l'afrikslam" le 17 janvier au CCF, c'est le CITO (Carrefour International du Théâtre de Ouagadougou) qui a accueilli, ce 8 mars 2008, Jaffar, Busta et S-prix pour une nouvelle scène slam. Journée internationale de la femme oblige, Eléonore Yaméogo était à l'honneur avec son film « La main tendue ».
Par Hamidou Valian

Dès 20 heures L'Afrikslam, à travers une mise en scène bien originale, a déjà installé son quartier général. La scène du CITO a été recouverte de sable et l'espace meublé avec des bancs et des pneus taggés. Une théière trône sur un fourneau, un canari et des calebasses jonchent le sol. En somme, c'est un décor dans lequel se mêlent le grin de thé et le cabaret du coin de la rue. Tout se passe comme une journée au quartier, à siroter du thé et à parler de l'Afrique. On retrouve aussi l'ambiance du tchapalodrôme (cabaret) où l'on vient lever le coude en évoquant les péripéties du quotidien. Du début à la fin, le spectacle est resté fidèle à la tradition des scènes slam, où les frontières entre la scène et les tables sont instables. Un verre de thé ou une calebasse de bière de mil passe d'une main de slammeur à une main de spectateur et vice versa. Cette interactivité est une belle illustration de l'objectif d'intégration que vise le groupe. Le public était tout ouï pour écouter « l'histoire africaine » contée par Obscur Jaffar et le récit de Busta Gaeenga, ce jeune ouagalais, « sponsorisé par la galère » et qui reste toutefois très « ambitieux avec sa queue ». S-prix quant à lui, s'est plié au contexte du jour, le 08 mars, à travers un texte dédié à la gent féminine. Le slam c'est dit-on l'économie des moyens. Mais l'on ne saurait omettre les musiciens (accordéon, calebasse, ngoni) qui ont apporté une touche particulière à la performance, à cette soirée poétique où les métaphores et les rimes étaient les maillons d'une même chaîne, où les slammeurs et les musiciens étaient les ornements d'une même scène.

A noter que l'album de L'Afrikslam est annoncé pour très bientôt.
Pour la seconde partie de la soirée, le septième art était à l'honneur avec le film documentaire « La main tendue » de Eléonore Yaméogo. A travers la ville de Liège (Belgique), la réalisatrice montre une autre facette de l'Europe. Une facette qui rompt avec l'image du blanc riche. Un message fort adressé à toutes celles pour qui le mari blanc est synonyme de mari riche.

Ouagadougou, les artistes soutiennent la lutte contre le VIH/SIDA

L'Association des Artistes et Artisans contre le VIH/SIDA et les Stupéfiants
(AARCOSIS) a organisé, le vendredi 27 février 2009 au Jardin de la musique Reemdoogo, un concert de soutien aux personnes vivant avec le VIH. Placée sous le haut parrainage du pasteur Moïse Napon, secrétaire général du CREDO, la soirée a connu la participation de nombreux artistes.


C'est sous la houlette de Pyanne Djiré, artiste vivant avec le VIH, que l'AARCOSIS a initié cette première édition de « Les rubans de la victoire ». En dénommant ainsi la soirée, les organisateurs se fixaient pour objectif de « briser la stigmatisation et la discrimination des PVVIH ». Le public n'est pas resté insensible et s'est mobilisé au Reemdoogo, pour témoigner de son soutien aux personnes infectées. Une belle brochette d'artistes ont également répondu à cet appel pour, comme l'a dit Pyanne, joindre l'utile à l'agréable. « Une personne qui reste insensible à cela n'est pas une être humain », dixit Awa Sissao. Pour la touche traditionnelle Nana Bibata était de la partie avec sa troupe au grand complet (danseuses et musiciens). L'on comptait aussi parmi les artistes des noms bien connus du public tels que Safoura Delta et sa soeur Idak Bassavé, Adji, Asta Maïla, Coulouz et Iron Bender.
En somme le message de Pyanne était qu'une PVVIH peut être un acteur de développement et par conséquent ne doit pas être vu comme une personne mourante. Malgré la réticence de certains partenaires, Pyanne a tenu à remercier les quelques uns qui ont accepté d’accompagner la manifestation. La prochaine édition de « Les rubans de la victoire » est prévue pour 2010.

lundi 2 mars 2009

Dessin et peinture à l’honneur à Napam Béogo

Le jeudi 26 février 2009 a eu lieu au Centre Culturel Napam Béogo le vernissage d’une exposition de peinture et de dessin. Jusqu’au 12 mars, les amteurs d’art plastique pourront échanger avec Will De Paul et Deris les deux exposant à côté de leurs belles créations.

Nous sommes à 5 minutes de 19 heures et le crépuscule couvre la ville de Ouaga particulièrement chaude ce jeudi. Devant l’espace Culturel Napam Béogo, 4 véhicules et une dizaine de motos. Dès qu’on franchit le seuil, on est accueilli par le portrait du « doyen des ancien » Sembene Ousmane avec son éternelle pipe à la bouche. A droite,le directeur des lieux Lassané Ouédraogo « Lasso », le front en sueur souhaite la bienvenue aux invités avec un large sourire. Au fond de la cour, un buffet. Mais pour l’atteindre, il faut passer dans une allée formée par des portraits de grands noms du cinéma africain. Parmi les 10 portraits à droite, Gaston Kaboré, Ildévert Médah Amadou Bourou et j’en passe accueillent tous les passants avec un sourire apaisant. A gauche sur le mûr de la salle de répétition et de création, Idrissa Ouédraogo et Souleymane Cissé regardent dans la même direction avec un calme olympien. Entre les deux, une toile blanche immaculée.

Un jeune homme avance, se saisi d’un bâton de craie verte et commence à tracer des lignes sur la toile. Des formes apparaissent, un visage se fait sentir. Il arrête, va vers le buffet, prend un verre et discute avec des invités. A côté du buffet, un espace aménagé avec un rétro projecteur et un écran un film sur Wilfried de Paule est projeté. Il parle de son parcours de peintre mais on entend aussi le slameur qu’il est, rependre ses poèmes qui enchantent. Les invités continuent à venir et à 20 heures, Napam Béogo est plein comme un œuf. Le public composé d’européens et d’africains arborant des dreadlocks ou pas scrute avec admiration les œuvres. Deris, le jeune à la craie, puisque c’est de lui il s’agit, revient vers ce qu’il avait commencé. Il prend cette fois ci sa boite de peinture aérosol et le voilà parti pour une réalisation en live.

Très décontracté, il donne, par la magie de son art, un visage à son personnage. Elisabeth Grungger venue de Genève s’avance et lui demande : « C’est Dany Kouyaté que tu dessines là ?» Deris répond oui. Il marque une pause pour expliquer à Elisabeth que depuis le jeudi dernier il n’a fait que travailler sur des portraits d’hommes de cinéma africain. Elle est impressionnée par la justesse de ses portraits avec la technique qu’il utilise. Olivia Chouquet, chargée de communication du centre demande l’attention des invités pour expliquer un peu leur démarche à travers un speech avec « Lasso ». Ils ont voulu faire un lien entre le talent de ces jeunes artistes avec le cinéma, parce que les expressions artistiques sont complémentaires. Pendant que les gens écoutent, Deris continue son travail.

Dans la salle d’exposition et de répétition, sur les quatre mûr, douze tableaux sont accrochés. Ce sont les créations de Will de Paul. Son style est assez particulier. De l’art abstrait mais qui insinue des choses. Des rumeurs de visages vite étouffées par des chiffes et des figures géométriques. Comme dans ses textes de slam Will interroge le monde. Il propose aussi sa vision des choses mais laisse la liberté à tout un chacun de réfléchir et surtout de se prononcer.

Cette belle exposition dure jusqu’au 12 mars avec un espoir de le voir se déplacer sur un des site du Fespaco. Ce clin d’œil de Napam Béogo et ces jeunes artistes à la fête du cinéma Africain mérite qu’on s’y arrête un instant pour apprécier la beauté qu’une expression artistique peut inspirer à un créateur.
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