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Blog d'information générale sur l'actualité au Burkina Faso

lundi 16 février 2009

Baloukou, un hip hop plein de sens

LE GROUPE BALOUKOU En 2001, le groupe BALOUKOU, en raflant la mise aux Hip Hop All Star et Craven «A » Flow, les deux compétitions les plus prestigieuses de l’époque se révèle aux mélomanes Burkinabé. Depuis, ces accros du micro, avec toujours de l’énergie à revendre tracent leur sillon. Ils ont foulé de nombreuses scènes et on retient qu’ils ont partagé la scène avec le célèbre Positive Black Soul du non moins célèbre Didier Awadi en mars 2003. "Un jour on vit", leur premier opus tombent dans les bacs à disuqes en 2004. Ils ont également fait la première partie des Negsmarrrons en décembre 2005 à Ouagadougou. Baloukou a aussi participé à des festivals tels les Nuits Atypiques de Koudougou (NAK 2006) et la Semaine Nationale de la Culture (SNC) 2008 à Bobo-Dioulasso. Le nom du groupe, BALOUKOU est le verlan de KOULOUBA, un quartier populaire de Ouagadougou. Ces véritables porte-drapeaux des cultures urbaines y ont tous grandi. C'est au nombre de 6 qu’ils débutent leur idylle avec la musique en 1999, quand le hip hop était toujours sujet à plein de préjugés. Mais avec le soutien de tout le quartier et du chef coutumier sa Majesté le Naaba de Koulouba ils ont tenu le coup. N’ayant pas bénéficié d’un accueil favorable du monde du showbiz, ils prennent le temps de mûrir leurs textes et compositions. Aujourd’hui, La chimère Koun Faya Koun, Ken et La veuve noire AKA BLACK MUSLIM ont mûri musicalement. Baloukou s’inscrit désormais dans une nouvelle tendance musicale basée sur le hip hop. Le groupe opère un retour aux sources pour s’inspirer des sonorités du terroir. Ces jeunes gens après le parcours qui est le leur, ont décidé de créer cette fusion musicale qui donne la place aussi bien aux sonorités urbaines qui les ont bercés qu’aux rythmes traditionnels qu’ils tiennent de leur culture Moaga. Leur nouvel album de huit (08) titres, intitulé « Où va le monde » est sur le marché du disque depuis le 12 avril 2008. Les téléspectateurs ont dû déjà voir les trois clips vidéo qui accompagnent l’oeuvre.

Soirée Slam-poésie au CITO

Par Hamidou Valian
Ce dimanche 08 février 2009, la structure KM-Slam a organisé une soirée slam et accoustique au Carrefour International du Théâtre de Ouagadougou (CITO). Il y avait à l’affiche Sadok et les Négroïdes.

Au Faso la Slam continue son petit bonhomme de chemin. Après les atéliers de formation de Waga hip hop et les quelques soirées organisées ça et là, cette discipline du hip hop a trouvé un écho favorable auprès de la jeunesse burkinabè. Ces jeunes commencent à affectionner ces joutes oratoires qui leur rappelent qu’ils sont issues d’une société parole. La structure KM-Slam qui a opté pour la promotion de cette discipline sous nos cieux, n'entend pas rester en marge de cette effervescence poétique.

Ce dimanche, Sadok et le groupe Négroïdes présentés par Basic Soul, pionier du mouvement rap au Faso, ont communié avec leur public.La soirée s’est déroulée en deux étapes. La première partie était entièrement dédiée au slam. Hormi les slammeurs à l'affiche, quelques talents se sont distingués dans le public. Public certes modeste mais qui a réussi a crée un cadre très convivial. C'était l'une de ces soirées où tout le monde est à la fois spectateur et acteur, illustrant le caractère ouvert et accessible des scènes slam. Les prestations étaient en accapela et l'on a vu se succeder au parloir des slammeurs tels que IB Le Che, Mr Soirée, Dou S Lee...

L'animation de la séconde partie de la soirée était à la charge du groupe Négroïdes. A noter que ce groupe figure sur le volume 2 de La part des ténèbres. Les voix des deux leads du groupe étaient portées par des sons de guitare, de tam-tam et de calebasse. C'était un beau voyage musical à travers des rythmes reggae, rap et aussi traditionnel où le Warba était à l'honneur.

KM-Slam qui n'est pas à son premier coup ne compte pas s'arreter là. La structure de Honoré Tiendrébéogo promet d'autres soirées de ce genre pour les jours à venir.

Quartett : Quand le théâtre africain se réapproprie une œuvre européenne

Par Hamidou Valian
Crédit photo Vivien Nomwindé Sawadogo

Les vendredi 6 et samedi 7 février 2009, le CCF/Georges Méliès de Ouagadougou a présenté la version africaine de Quartett de Heiner Müller dans une mise en scène de Fargass Assandé. Après trois mois de résidence de création, Odile Sankara, Fargass Assandé, Mbilé Yaya et Ibrahim Abba, ont partagé le fruit de leur travail avec leur public.


Il est 20h30 lorsqu'une lumière légère, jaune ocre pleut sur le plateau du Grand Méliès. Côté jardin et à l’avant scène, un espace de forme circulaire tapissé par des peaux d'animaux, accueille deux fauteuils d'un design assez particulier. Une table sur laquelle trônent deux coupes et une bouteille de vin rouge sépare les fauteuils. Signes de l'aisance sociale des occupants de cet espace. Côté cour, le décor est sommaire. Seul un tronc d'arbre que le jeu de lumière place derrière des barreaux, sert de meuble.

La Marquise de Merteuil et Le Vicomte de Valmont sont les personnages principaux. Leurs rôles sont respectivement interprétés par Odile Sankara et Fargass Assandé. Ces deux personnages sont à la fois complices et ennemis, leur jeu cache très mal l'amour, la jalousie et l'orgeuil qui les animent. Les plaisirs charnels sont leur passe-temps favoris et pour eux, l’utilité du corps humain ne se limite qu’à cela. Odile Sankara sur scène ne portait que du rouge, signe de passions forte, mais aussi de la permanence d’un danger ou d’une manigance avec son complice de Vicomte. Dans leur quête perpétuelle de nouvelles escapades, l'épouse de Monsieur de Tourvel et la jeune vierge Cécile de Volanges seront des proies. Ces dernières ne résisteront pas au jeu de séduction du Vicomte de Valmont.

Le jeu des acteurs est certes impeccable mais le message reste difficile à cerner. Les spectateurs retiendront sans doute le caractère très érotique de la pièce. Les acteurs miment en effet l'acte sexuel sur scène. Fellation, éjaculation, sodomie... La grande partie du texte appartient au champ lexical du sexe. C'est une sorte d'apologie du libertinage qu'illustrent bien les propos de Valmont « la fidélité est le plus sauvage des dérèglements ». Dans le duel qui oppose Merteuil et Valmont le sexe, le corps de façon générale est constamment tourné en dérision. En témoigne cette phrase de la Marquise: « Qu'avez-vous appris à part manoeuvrer votre queue dans des trous en tout point semblable à celui d'où vous êtes issu ». C'est le peu de peu de pudeur qu'il reste à un peuple en voie d'être occidentalisé qui en prend un coup.

Il faut rappeler que Quartett est à l'origine un roman du français Pierre Choderlos de Laclos intitulé « Les liaisons dangereuses ». A travers cette oeuvre épistolaire paru en 1782, l'auteur stigmatisait le comportement libertin de la classe aristocratique d'antan. Aujourd’hui mise en scène par l'ivoirien Fargass Assandé avec des interprètes burkinabè comme Odile Sankara, la pièce participe, selon le Directeur du CCF, de l'abolition des frontières.

Après Ouagadougou et Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, les autres coproducteurs de la pièces que sont le CCF de Bamako, le centre culturel franco-nigérien de Niamey et le Dionysos-la Scène conventionnée de Cahors en France accueilleront le spectacle.
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