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mardi 27 janvier 2009

Sylvain Dando Paré le tutoyeur de la basse

« La musique m’a appelé »

Bassiste, auteur, compositeur, arrangeur et producteur, Sylvain Dando Paré à plus d ‘une corde à son arc. Depuis sa première scène en 1991, il se bat de toutes ses forces malgré les écueils pour rendre à l’instrumentiste la place qu’il mérite. Cet adepte de la musique vivante est un véritable rassembleur.

Sylvain a beaucoup sillonné le Burkina Faso pour raison de service de son papa douanier. Cela enrichit ses compositions aujourd’hui. Il extériorise tous ces sons enfouis en lui depuis sa prime enfance. Il a découvert la musique grâce à son père qui jouait à la guitare. L’ami et collègue de son papa, Seydou Diallo, lui faisait écouter Georges Ouédraogo, Steel Pulse et bien d’autres. C’est ainsi que le virus de la musique le prend. Sylvain est arrivé à basse parce qu’il cassait régulièrement les deux premières cordes de la guitare. Aujourd’hui, il fait parti des meilleurs bassistes de la sous région. Qui ne se rappelle pas de ses notes et arrangement sur le titre « Bétaro » de Djata Ilebou ?

Tout n’a pourtant pas été facile pour ce monsieur au sourire contagieux. Troisième fils d’une famille qui en compte sept, Sylvain a quitté les siens et l’école à l’age de 16 ans à la suite du dégagement de son père sous la Révolution. Il avait peur de voir un jour l’équilibre d’une famille qu’il avait connu harmonieuse s’ébranler. Refusant de devenir délinquant, il part à la rencontre avec lui même. « C’est ainsi que la musique m’appelé » dit-il.

Sylvain a été à la base de la création de nombreux groupes musicaux. Mais il est chagriné de voir ces groupes se décomposer chaque fois qu’un membre part avec une femme blanche, croyant avoir trouver la solution. Il est peiné de voir tous ces instrumentistes de talents incapables de construire ensemble : « Nous avons créer trop de groupes qui, sans ambitions ne sont pas arrivés à aller au bout de leurs rêves ».

En plus de tous les grands noms de la musique burkinabé qu’il a accompagnés, il a aussi joué avec Irénée Granier (Italie) et l’immense percussionniste Indien Achiva Mani. Ceux qui ont fréquenté le village du festival cette année, ont dû voir ce monsieur tutoyer la guitare basse tous les soirs avec dextérité.

La plus belle chose qui lui soit arrivée depuis le début de sa carrière en 1991, c’est sa rencontre avec Etienne M’Bappé cet icône camerounaise de la basse. Sylvain veut jouer un jour comme Etienne qui lui a d’ailleurs donné sa guitare estampillée à son nom. Il est prêt à dire à qui veut l’entendre que « Le Burkina Faso est plein d’instrumentistes de talent. Le Ministère de la culture pourrait décider de lancer la carrière internationale de 5 artistes chaque 2 ans. Cela serait plus profitable à la musique burkinabé que ce qui se passe aujourd’hui ». Selon lui si les gens sont moins pressés et s’il y’a plus de résidences de création, notre musique connaîtra un bel essor. En plus des plats comme le to et le haricot qu’il affectionne, Sylvain aime combiner les instruments traditionnels des terroirs goin, bwa, san et gulmace qu’il connaît bien. Il veut aussi conquérir la planète. Car comme il le dit « un artiste qui ne tourne pas, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas ».

Père d’un enfant, Sylvain est un cœur à prendre, car la basse, la nage et les causeries entre amis qu’il aime n’ont pas pris tout son cœur. Avis aux intéressées.
Il a donné un spectacle jeudi 22 mai dernier au Jardin de la musique Reemdoogo, en hommage à son père et Seydou Diallo qui ont semé en lui le germe de la musique. Tout cela en attendant la sortie du premier album qu’il dirige en tant que producteur.

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