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lundi 22 décembre 2008

Seydou Diabi le brodeur Burkinabé de Cotonou

« C’est à Cotonou que j’ai piqué le virus de la broderie »

Entretien réalisé à Cotonou par David Sanon

Certains de nos compatriotes à l’extérieur font la fierté du pays en faisant valoir leurs qualités professionnelles extraordinaires. Seydou DIABI qui vit à Cotonou depuis 1995, fait partie de cette catégorie de personnes qui savent aller à la rencontre de leur destin.

Qui est Seydou DIABI ?

Je suis né au Burkina Faso à Bobo-Dioulasso, plus précisément au quartier Koko où j’ai grandi. C’est à Bobo que j’ai appris la couture après mes études primaires à l’école centre de Bobo.

Explique nous un peu comment un brodeur venu du Sahel peut régner sur la côte?

C’est en 1995 que j’ai décidé d’aller voir ailleurs. J’avais envi de bouger et de faire autre chose mais je ne brodais pas encore. Arrivé ici j’ai d’abord été agent commercial une année durant. J’ai ensuite travaillé avec un monsieur qui s’appelait Jean avec qui on vendait diverses marchandises. Je payais des machines à coudre au Nigéria que je revendais ensuite, parfois même jusqu’au Burkina. Un jour en visite chez des amis dans leur atelier de couture, j’ai trouvé qu’ils avaient des problèmes sur un modèle dont ils avaient raté la coupe. Vu l’inquiétude qui se lisait sur les visages, je me suis proposé de les aider. J’ai refais la coupe et le patron étonné m’a demandé si je savais coudre. Il souhaitait que je reste avec lui car il avait un problème de tailleur. Il n’a cessé de me poursuivre jusqu’au jour où mon partenaire très dispendieux a fuit Cotonou parce qu’il ne pouvait plus solder ses crédits. Je n’ai plus résisté à l’offre du patron Celou Mamadou Diallo. C’est donc à Cotonou ici que j’ai piqué le virus de la broderie si l’on peut s’exprimer ainsi. Quand il est décédé, j’ai travaillé avec d’autres amis. Mais comme vous le savez, la collaboration est parfois difficile si vous ne poursuivez pas vraiment les mêmes objectifs. Ma femme m’a motivé à m’installer à mon propre compte. C’est ainsi que j’ai créée cet atelier en 2006 que j’ai appelé ESTHETIQUE BROD-AFRIQUE.

Et comment se porte ESTHETIQUE BROD-AFRIQUE aujourd’hui ?

J’ai commencé avec six personnes et aujourd’hui j’emploie une vingtaine de personnes. Je peux donc affirmer que les employés et l’atelier me donnent entièrement satisfaction. Plusieurs de mes anciens apprentis qualifiés sont partis d’ici pour s’installer à leur propre compte. Et vous pouvez constater que mon personnel est hétéroclite. Vous avez des Maliens, des Camerounais, des Burkinabé, des Ghanéens etc. Nous travaillons en bonne intelligence ici surtout avec ma clientèle qui elle aussi vient de partout.

Justement qui sont tes clients ?

Tout le monde. Celui qui aime la broderie et qui apprécie ce que nous faisons peut venir, il n’y a pas d’exclusion ou de type de client défini. J’habille des centaines de personnes dans plusieurs pays en Afrique tels le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Angola, la RDC et la Tunisie et même au-delà du continent notamment en France, au Canada et en Italie. Il suffit de choisir le modèle que l’on peut payer et nous brodons parce que les prix varient selon le modèle. Nous avons une multitude de motifs à proposer. J’ai des clients qui me prennent des centaines de tenues qu’ils revendent ensuite en Afrique centrale, notamment en RDC et Angola. Ceux qui connaissent ma griffe, quand ils sont de passage à Cotonou ils passent me dire bonjour.

Peut-on savoir sur quels textiles tu travailles le plus ?

Je travaille beaucoup sur la cotonnade africaine (Faso danfani) qui est très demandée pour sa qualité. Il y’a des pagnes tissés partout mais le faso danfani surclasse beaucoup d’entre eux. Je brode aussi toutes les qualités de bazin, le lin, la peau de chameau, les dentelles communément appelées lessi etc.


Quel est le secret de la réussite de ESTHETIQUE BROD-AFRIQUE ?

Il n’y a pas de secret en tant que tel. Il faut savoir que nous utilisons les machines les plus performantes dans le domaine de la broderie telles les L3, L, LG3 et la machine 217 industrielle. La maîtrise de ces machines et le sérieux des artisans font que les Cotonois, et mes clients dans les autres pays qui sont des connaisseurs des bonnes finitions trouvent leur compte chez nous. Ici nous faisons en sorte que nos clients n’aient pas à se plaindre de ce que nous réalisons. Je suis assez regardant sur les finitions du travail fait par mes employés.

Quels sont tes rapports aujourd’hui avec le pays ?

(Rire)…Je suis resté attaché au pays. J’y vais régulièrement voir la famille et quand je ne peux pas, ma femme s’y rend. J’ai des idées de projets pour la couture dans mon pays même si rien n’est formalisé pour l’instant. Je salue tous mes clients qui y sont, et je vous encourage dans le travail que vous faites pour la culture burkinabé en particulier et africaine en général.



L’atelier ESTHETIQUE BROD-AFRIQUE qui fait la fierté de la mode béninoise et africaine est situé au C/713 St Jean, Côté de l’Eglise à Cotonou. Joignez les au (00229) 21 03 51 72/ 90 02 43 46/ 93 41 80 20/ 97 19 19 88.

Quelques modèles de Seydou DIABI





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