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lundi 22 décembre 2008

Seydou Boro électrise le CDC

Par David Sanon

Ce vendredi 19 décembre 2008, la création « Le concert d’un homme décousu » de Seydou Boro, très attendu lors de cette 7ème édition des Rencontre chorégraphiques de Ouagadougou « Dialogues de corps », a tenu toutes ses promesses.

Quand la scène s’éclaire, Seydou s’y trouve avec Serge Coulibaly un des tous meilleurs bassistes du Burkina. Tout en se déplaçant sur une trajectoire circulaire, il joue beaucoup de la tête, accompagné des notes de basse distillées par Serge. C’est comme s’il cherchait par les mouvements brusques de son coup à se débarrasser de quelque chose, en l’éjectant de sa tête. Le fond de scène est garni d’instruments de musique. On y voit deux guitares, une calebasse et le tamani, ce petit tambour d’aisselle.

Des allers-retours, des virevoltes, des chutes brusques suivies de superbes mouvements au sol, expriment tout le désarroi de l’homme. Il tourne sur lui-même, court et tombe en décrivant pratiquement le même cercle. Parfois il est comme saisi de violentes migraines. L’homme tient alors sa tête entre les deux mains et la serre comme s’il l’empêchait d’exploser. La salle pleine est tellement captivée qu’on entend le souffle du danseur. Il se saisit entre temps du micro qui traînait par terre et essaie de parler. On n’entend que des onomatopées et des mots chuchotés indistincts.

Les musiciens font leur entrée l’un après l’autre. Chacun interviendra dans le jeu avec Seydou en exprimant les mêmes tourments avant de rejoindre son instrument. Ils sont tous saisis par les mêmes spasmes, les mêmes difficultés qui empêchent d’avancer.

Cette création montre comment l’être humain a parfois maille à partir avec lui-même. Etre pensant, il lui arrive d’être en proie à des conflits intérieurs dont la résolution n’est pas toujours évidente. Finalement, lui serait-il possible de se tirer d’affaire tout seul ? L’existence est-elle possible sans autrui ? En nous confrontant à nous même, Seydou dans cette pièce semble nous inviter à reconsidérer nos rapports à autrui. Quand les mots lui reviennent, Seydou chante le morceau « Kanu », qui signifie amour en dioula. Dans ce micro où il chuchotait, Seydou parle maintenant d’amour et de future. Rien n’est envisageable sans amour dit-il. Les musiciens lui entament le pas avec une musique composée par Seydou lui-même.

Ce furent 35 minutes d’intenses émotions, qu’il a partagé avec les festivaliers et spectateurs venus nombreux suivre cette représentation. Il faut signaler que Seydou Boro qui écrit et réalise des films documentaires et des pièces de théâtre est également auteur d’un album disponible sur le marché du disque.

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