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lundi 22 décembre 2008

oN | oFF fait forte sensation au CDC

oN | oFF fait forte sensation au CDC

Par David Sanon

La 7ème édition des Rencontres chorégraphiques de Ouagadougou, « Dialogue de corps », continue de dérouler son programme. Ce mercredi 17 décembre 2008 les spectateurs ont pu voir dans le cadre de « Dialogues de crops » oN | oFF de Philippe Ménard.

A 21h00 le public commence à entrée dans la salle. Sur la scène, deux hommes et une femme sont assis sur un banc. Eux, ce sont Steffania Branneti, Stéphane Couturas et Philippe Ménard. Des projecteurs et une enceinte acoustique surmontée d’une petite table de mixage sont disposés sur la scène. Soudain les deux hommes se lèvent et commencent à disposer les projecteurs. La lumière de la salle s’éteint et plonge le public dans le noir. Steffania se saisit alors d’un rouleau de ruban adhésif et trace un quadrilatère d’environ un mètre de côté sur la scène. Les trois s’y retrouvent mais ne tiennent pas en place. Ils bougent au rythme de la musique. Chacun voulant la place de l’autre, ils se bousculent, se fixent du regard puis détournent le visage, se sourient se déséquilibrent, mais forment un bloc, jusqu’à ce Philippe soit propulsé hors de l’espace. Il devient spectateur de la connivence née entre les deux rescapés. Ils s’entrelacent tels des lombrics. Philippe, le ruban adhésif en mains court décoller une partie du quadrilatère et trace un passage vers un autre un peu plus grand. Comme emportés par leurs contorsions, ils partent vers le nouvel espace. En chemin, la complicité gagne en intensité et les parties dénudées de leurs corps se touchent. Ils perdent tous deux leurs tee-shirts. Stéphane baisse la chaîne du pantalon de Steffania et la salle retient son souffle. Toujours entrelacés, ils se retrouvent par terre. On découvre l’étendue de leur souplesse dans de formidables mouvements au sol. Elle finit par se libérer pour, à son tour, devenir spectatrice. Avec son ruban, elle va rallonger l’espace pour Sthéphane, qui toujours au sol se déplacera sur environ 8 mètres. Le public restera captivé par sa grande souplesse jusqu’à ce qu’un projecteur qui se trouve au travers de son chemin le stoppe.
Dans cette chorégraphie de Philippe Ménard, soutenue par des extraits musicaux de COH, Nachtplank, Noto, Pixel, Amon Tobin et Marilyn Manson, où les danseurs sont tour à tour régisseurs son et lumières et spectateurs, c’est la souplesse, la sensualité et surtout l’équilibre du corps qui sont mis en exergue. Rien d’étonnant quand on sait que dans les années 90 déjà, lui même pratiquait une danse reposant sur l’Aïkido et l’Aïkïtaso (art martial japonais). Les coups déstabilisant que les danseurs se donnent derrière le genou, sont compensés par la souplesse qui les empêche de tomber hors du quadrilatère. Comme saisi d’une transe, chacun, à son tour dans un solo gratifie le public d’une parfaite maîtrise corporelle. Le regard, le sourire, la sensualité et la résistance du corps sont l’ossature de ce numéro et la dernière scène le prouve bien. Chacun dans trois des cinq espaces tracés, se met en appui tendu facial sur les orteils et les pommes. Ils résisteront ainsi sur toute la durée d’un morceau rock pour s’écrouler à la fin, tout transpirant, le sourire aux lèvres.

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